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Pourquoi mon tout-petit fait-il des crises si facilement? Imaginez un instant ce qui se passerait si vous ne pouviez pas filtrer vos sentiments lorsque vous éprouvez une frustration, êtes en colère ou épuisée, ou encore en désaccord avec quelqu'un. Vous ne seriez sans doute pas agréable à côtoyer. Maintenant, imaginez que vous seriez en même temps incapable de participer à un monde d'activités tentantes.

Le tout-petit est tiraillé entre d'une part sa soif d'indépendance, et d'autre part son besoin d'être soigné et dorloté comme un bébé. Il ressent un vif désir de sortir de sa coquille pour explorer le monde qui l'entoure. En même temps, il n'a pas une conscience claire de ses limites et des risques pour sa sécurité (toucher un rond de cuisinière brûlant) ou son bien-être (manger dix biscuits). Il aimerait bien lui aussi pouvoir faire les mêmes choses que les grands, mais lorsqu'il se heurte à ses limites physiques ou à celles imposées par ses parents, cela peut être une source de grande frustration.

Les crises sont un élément normal du développement émotionnel. Elles sont plus fréquentes entre l'âge de deux à trois ans, puis s'estompent vers l'âge de quatre à cinq ans. Les crises tendent à survenir plus souvent lorsque votre enfant est épuisé, affamé ou vit un stress –il en faut alors moins pour le faire basculer du côté de la colère. Ces crises représentent le meilleur moyen qu'a votre enfant pour exprimer des émotions fortes. Il n'a pas encore la maturité nécessaire pour passer ses émotions au crible de la raison; il ne peut que réagir. Et comme il ne maîtrise pas encore très bien le langage, il est incapable d'exprimer ses sentiments dans toute leur complexité. La crise est alors sa façon de dire: « Assez! À l'aide! ».

L'accès de colère peut être bref ou durer très longtemps. L'enfant en crise peut gémir, se plaindre à haute voix, ou même crier et donner des coups de pied. Il arrive parfois que le tout-petit en colère retienne sa respiration exprès, auquel cas il ne faut pas trop s'en faire, car le réflexe respiratoire finit par s'enclencher automatiquement. (Bien entendu, si votre enfant retient sa respiration au point de s'évanouir, parlez-en à votre pédiatre.)

Il est impossible de prévenir toutes les crises. Il peut être utile de permettre à votre enfant de prendre ses propres décisions en lui offrant des choix dans certaines situations, et aussi d'établir des limites claires, afin qu'un « non » de votre part soit considéré comme tel. En cas de crise, essayez de garder votre calme. Réconfortez votre enfant avec douceur, mais évitez de répondre de façon exagérée à sa crise, car le surcroît d'attention que vous lui accorderiez risquerait d'envenimer la situation. Il est préférable de rester calme et d'aller de l'avant. Parfois, la distraction ou l'humour sont un bon moyen pour désamorcer une situation potentiellement explosive.