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Pour en savoir plus sur le rôle de l'exercice physique dans le développement du cerveau.

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Comme la plupart des parents, vous faites sans doute très attention à ce que votre enfant mange, en prenant soin de vous assurer que ses besoins nutritionnels sont comblés chaque jour. Mais prêtez-vous également attention à son niveau d'activité physique? Comme pour son alimentation, il n'est jamais trop tôt pour inculquer à votre enfant de saines habitudes dans ce domaine.

De nombreux organismes de santé publique recommandent qu'à partir de la première enfance, les parents s'assurent que leurs enfants participent chaque jour à des activités physiques. Lorsque les enfants atteignent l'âge préscolaire (entre 3 et 5 ans), la Société canadienne de physiologie de l'exercice (SCPE) recommande une progression vers au moins 60 minutes de jeu actif ou d'activité physique par jour. Toutefois, selon l'analyse de 139 études menées auprès de 10 316 enfants dans neuf pays, 46 pour cent des enfants d'âge préscolaire ne faisaient même pas la moitié de ce niveau d'activité.

Les nombreux bénéfices d'une bonne forme physique L'activité physique est bénéfique pour la santé de votre enfant. Elle renforce ses muscles et ses os et l'aide à dormir. Mais saviez-vous que l'activité physique était également bénéfique pour le développement des fonctions cognitives?

Selon une étude réalisée en 2010 parue dans la revue Brain Research, les enfants âgés de 9 et 10 ans en meilleure forme physique ont un hippocampe, partie du cerveau associée à la mémoire à long terme et à la mémoire relationnelle (habileté à apprendre et mémoriser les relations entre des objets sans rapport entre eux), plus volumineux et obtiennent de meilleurs résultats aux tâches cognitives qui évaluent la mémoire relationnelle. Bien entendu, plus tôt vous démarrez les activités physiques, aussi simples soient-elles, mieux c'est.

Selon les conclusions d'une étude menée en 2010 parue dans Developmental Review, les enfants en bonne forme physique effectuent les tâches cognitives relevant des fonctions exécutives plus rapidement que les enfants en moins bonne forme physique. Cette étude a également mis en lumière les bénéficies précis associés à des types particuliers d'exercice. Par exemple, les enfants qui suivaient un programme d'exercices d'aérobie obtenaient de meilleurs résultats aux tests des fonctions exécutives (habileté à prendre des décisions, à organiser, à planifier et à suivre des directives), que ceux qui participaient à des cours classiques d'éducation physique.

De nombreuses études confirment ces observations et ont conduit les chercheurs à émettre l'hypothèse que de multiples voies neuronales sont concernées : tout d'abord, les jeux aérobiques exigent souvent un comportement stratégique, adaptatif et orienté vers un but du même type que celui qui caractérise les fonctions exécutives. Ils exigent également des mouvements et des habiletés complexes, lesquels sont soutenus par les circuits neuronaux préfrontaux qui soutiennent aussi les fonctions exécutives. On a en outre montré que les exercices d'aérobie provoquent des modifications physiologiques dans le cerveau, entraînant non seulement une réaction neurochimique immédiate, mais aussi, lorsqu'ils sont pratiqués régulièrement, des changements structuraux dans les régions associées à l'apprentissage.

L'exercice physique influe également sur les habiletés motrices de l'enfant. Selon une étude menée en 2012 auprès de plus de 400 enfants âgés de 3 à 5 ans pendant 20 mois, parue dans Perceptual & Motor Skills: Exercise and Sport, les enfants qui participaient chaque semaine à une séance d'éducation physique de 45 minutes et s'adonnaient à un minimum de 20 minutes d'activité physique chaque jour, faisaient davantage de progrès dans les domaines de la coordination, de la forme physique et de la dextérité que ceux qui participaient uniquement à la séance hebdomadaire de 45 minutes. Qui plus est, certaines études semblent indiquer que les enfants qui font de l'exercice obtiennent de meilleurs résultats aux tâches relevant des fonctions exécutives que leurs camarades de classe sédentaires.

Commencer tôt, rien de plus logique Il n'est jamais trop tôt pour encourager l'activité physique chez les enfants. En fait, des études montrent l'existence d'une corrélation entre l'activité physique et la cognition dès la petite enfance, chacune contribuant au progrès de l'autre au fil du temps. L'émergence précoce de la motricité globale coïncide avec une capacité d'attention de base; plus tard, l'acquisition de la capacité à ramper et à marcher correspond à des facultés de raisonnement adaptatives et souples.

La période préscolaire est le moment idéal pour établir de saines habitudes d'exercice car lorsque les enfants atteignent l'âge scolaire, ils sont plus enclins à adopter des habitudes en matière d'alimentation et de loisir qui ne sont pas conformes aux recommandations actuelles et qui susceptibles d'entraîner une obésité. Selon une étude réalisée en 2009, parue dans le Journal of Nutrition Education and Behavior les parents d'enfants âgés de 2 à 5 ans estimaient que leurs enfants avaient de bonnes habitudes alimentaires et étaient physiquement actifs, mais qu'ils se sont mis à manger moins d'aliments sains et à devenir plus sédentaires en grandissant.

Il n'est pas nécessaire d'instaurer un régime quotidien d'exercices de musculation, et il est certainement inutile de faire courir vos enfants sur un tapis roulant. Mais les encourager à faire au moins 60 minutes d'exercice chaque jour, loin des jeux vidéos et de l'ordinateur, de la tablette ou de la télévision, est un excellent moyen de les aider à comprendre l'importance de l'exercice et à se rendre compte que vous estimez que c'est prioritaire pour eux.